Il couche avec des mineures quand il n'est pas à l'EPSMR

Vendredi 9 Février 2018

Personne ce vendredi dans la salle d’audience du tribunal correctionnel de Champ Fleuri… Les trois magistrats, la procureure, l’avocat de la défense, et c’est tout. Son client, accusé de soustraction d’enfant et d’atteinte sexuelle sur mineur, n’est pas là. Introuvable. Vivant dans un appartement thérapeutique, une vie rythmée par des visites à l’EPSMR (Établissement public de santé mentale de La Réunion), une période sans domicile fixe, de la schizophrénie… Ludovic Seron ne serait pas tout à fait sain d’esprit. Mais où est-il ? Hospitalisé ? En errance ? Personne ne sait. 
  
Ce serait bien de le retrouver car il a été condamné à un an de prison ferme pour avoir couché à deux reprises avec une adolescente de 13 ans et d’avoir tenté la même chose avec sa cousine de 11 ans, du 7 au 9 avril 2015 à Saint-Denis. Les deux filles avaient fugué, comme le font bon nombre d’adolescents, et s’étaient retrouvées à la gare routière. Là elles font la connaissance d’un homme de 30 ans, Ludovic Seron. Il leur dit qu’elles sont jolies et leur demande leur âge. Elles ne mentent pas. Il se serait alors éloigné mais la plus âgée l’aurait rappelé. Il les invite alors chez lui. 
  
Et là il caresse un peu la plus jeune qui refuse tout autre rapport; la plus âgée est peut-être plus ouverte donc il lui demande de dormir à côté de lui. Sinon c’est à la rue ! Et en plus il lui propose 100 euros. Ils ont un premier rapport. Le tout premier pour l’adolescente. Puis le lendemain elles errent à nouveau. La plus grande est confuse : elle était d’accord, en fait non, enfin elle avait un peu peur… Mais elles y retournent et là, rebelote. 
  
Interrogé, il avait avoué avoir fait du chantage pour que la jeune fille dorme à ses côtés le premier jour et disait avoir connu son âge. Il assurait ne pas les avoir invitées le deuxième jour. Mais une fois qu’elles étaient chez lui, il a un peu forcé les choses, toujours avec la plus grande, même si elle refusait. 
  
Malade mais responsable de ses actes 
  
L’expertise psychiatrique révèle que les deux filles sont immatures et en manque affectif. La plus âgée confondrait l’affection et le sexe. Aucune d’entre elles ne présentent de traumatisme psychologique. Difficile d'en savoir bien plus car elles ne sont pas présentes à l'audience et leur avocat non plus. 
  
"La requalification en atteinte sexuelle a été demandée par le parquet, rappelle l’avocat du prévenu, Laurent Payen, car le rapport était consenti". Dans le cas contraire le prévenu aurait en effet été jugé aux assises (pour viol) ou en correctionnel mais pour agression sexuelle. C’est "l’ambivalence certaine" de la plus grande qui atténue les faits. 
  
Concernant Ludovic Seron, le tribunal rappelle qu'il a déjà été condamné à une contrainte pénale pour des faits identiques, commis en 2016, soit peu de temps après ces faits-ci: des jeunes filles en errance, des rapports consentis... Son avocat affirme néanmoins que c’est "un gamin dans sa tête" et rappelle le diagnostique de Schizophrénie et les médicaments qu’il est censé prendre. Mais que penser de la conclusion du rapport psychiatrique qui stipule malgré tout que le prévenu est conscient de ses actes ? "Peut-être que c’est pour faire plaisir au tribunal", sourit-il. 
  
Mais le tribunal a aussi décidé que Ludovic Seron n’était pas si fou que ça : un an de prison ferme. Faut-il juste le retrouver. 

Par Soe Hitchon le Vendredi 9 Février 2018 à 17:41 | Lu 1028 fois