Tribunal : Frédéric Vienne : Tereos lui fait payer le conflit canne

Jeudi 2 Novembre 2017

11H - Tribunal de Saint-Pierre : Trois mois avec sursis et 1000 euros ont été requis contre ​Frédéric Vienne pour vol aggravé avec dégradation en réunion. Le délibéré est attendu pour le 7 décembre.


Frédéric Vienne, le président de la FDSEA, est convoqué ce matin au tribunal de Saint-Pierre. Une convocation en lien avec les actions menées par les syndicats lors des rassemblements concernant la signature de la dernière convention canne. C'est la société Ercane qui a décidé de porter l'affaire en justice, pour la destruction d'un champ de canne à l'Etang-Salé en mai dernier. 

"Seul Frédéric Vienne a été convoqué au tribunal, non pas au titre de président de la FDSEA, mais en tant que personne physique", reproche la FDSEA, dont quelques membres sont présents en soutien. La fédération dénonce "un combat des gros contre les petits (qui se sont battus pour tous les canniers) et l’attaque d’une personne particulière, pour une cause commune". Le délibéré devrait être connu dans quelques minutes devant le tribunal de Saint-Pierre. 

L'interview de Frédéric Vienne :


Dégradation de boutures, d’une trentaine de tonnes de canne… Un préjudice d’environ 30 000 euros a été évalué par Ercane représenté par un Groupement d’intérêt Economique (GIE) composé de la Sucrerie Bois Rouge et Sucrerie de La Réunion.  
Frédéric Vienne doit-il assumer la réponse pénale à une action syndicale? Pour la procureur, si l’action a été symbolique la réponse pénale doit l’être aussi. Trois mois de sursis et une amende de 1 000 euros ont été requis. Si "seul le président de la FDSEA doit aujourd’hui s’exprimer c’est parce qu’il est le seul en position de revendiquer cette action en tant que leader".  Les deux planteurs sur les tracteurs, le 30 mai dernier, ont quant à eux fait l’objet d’un rappel à la loi.  
Le conseil du syndicaliste, Me Frédéric Hoarau, a construit sa défense sur la nullité de la constitution en partie civile du GIE et rappelé que "les grandes avancées sociales avaient été obtenues suites à des actions syndicales à la limite du droit". Il a plaidé la relaxe. "Quel était alors le mobile aujourd’hui des poursuites? Est-ce que c'était défendre les intérêts d’un groupe économique particulier ou défendre l’intérêt de la société, et je rappelle que dans ce dossier toutes les personnes qui ont été bloquées sur les routes, ces particuliers là, on a pas cherché à défendre leurs intérêts'" .  

Le délibéré est attendu pour le 7 décembre prochain.  


Par Pascal Robert le Jeudi 2 Novembre 2017 à 10:25 | Lu 31 fois